| Au dix-septième étage de l'Izoard, l'ascenseur en panne prive de liberté des handicapés |
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| Mercredi, 03 Mars 2010 19:22 |
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L'Izoard, dix-sept étages, un bâtiment voué à la démolition dans le cadre de la rénovation urbaine des Nouvelles Résidences. Mais en attendant de meilleures conditions de vie, pour les habitants, la galère dure depuis la nuit du 25 décembre dernier : date à laquelle le gros ascenseur a été vandalisé.
Cette nuit-là , un groupe de jeunes s'est défoulé sur l'ascenseur qui dessert les étages impairs. Depuis, c'est l'attente de la réparation. La dernière fois, pour des faits commis en février 2009, l'appareil a été remis en service... en mai. Pas-de-Calais Habitat, contacté hier, annonce une intervention la semaine prochaine. « C'est une réparation lourde qui demande du temps et une pièce spécifique qui n'a été reçue que jeudi dernier », explique Laurent Dal, du service communication.
« Enfin », peste Stéphane Gossard, locataire au dix-septième étage. « Tous les jours j'ai des séances de kiné. Alors avant de partir, je dois me renseigner pour savoir si le petit ascenseur fonctionne bien. » Le petit s'arrête aux étages pairs. Pour les personnes valides un étage à descendre, ce n'est pas la mer à boire. Sauf que si vous êtes handicapé comme Stéphane, cela prend des allures de parcours du combattant. « Les médecins me disent que je dois porter des atelles, que je dois éviter de marcher, mais comment voulez-vous que je descende ? Avec ma maladie, je sais que je finirai en fauteuil roulant. Le but de la kiné c'est de me laisser valide le plus longtemps possible, mais avec cet ascenseur en panne j'en perds tout le bénéfice. » Déjà que vivre dans un appartement de 40 m² pas adapté au fauteuil roulant est un vrai calvaire, que dire de la vie quand les deux ascenseurs tombent en panne régulièrement. « La dernière fois, j'ai monté tous les étages avec mes béquilles, j'ai mis quarante-cinq minutes. Le temps d'une mi-temps ! ». Heureusement qu'il peut compter sur l'aide d'une amie au huitième. Chez elle, il a l'habitude de faire une halte quand le petit ascenseur, même s'il est généralement réparé dans les cinq heures, se bloque. « Quand il descend ça va, mais il a vraiment du mal en montant, surtout quand il y a cinq personnes dedans », avoue un locataire rencontré dans le hall. Tenir à cinq dedans tient déjà de l'exploit... Face à l'appartement de Stéphane, la détresse est encore plus criante. Un homme, amputé des deux jambes, vit seul. Et ne va pas très bien depuis la panne d'ascenseur. « Il est complètement bloqué chez lui. Je peux vous dire qu'il est en pleine dépression », confie, amère, son auxiliaire de vie, Michèle. Les deux hommes ont demandé à bénéficier de logements adaptés en rez-de-chaussée. Leur demande n'a rien donné pour l'heure. Faudra-t-il attendre que leur immeuble soit détruit dans quelques années ? Et si après la réparation le gros ascenseur était de nouveau vandalisé ? Pas-de-Calais Habitat en appelle au civisme de chacun et promet une intervention dans la semaine du 8 mars. Encore une bonne semaine de galère. Source |




